• Laure

Mommybrain


Si on m'en avait parlé !


Voilà une phrase que j'entends très/trop souvent et que j'ai moi-même prononcée à de nombreuses reprises.

Tous les thèmes tournant autour de la périnatalité et de la parentalité méritent d'être abordés et étudiés AVANT la naissance de bébé et nous autres futurs parents, manquons cruellement de préparation.


Le mommybrain ou mamnésie fait partie de ces mystérieux invités dont tout le monde a omis de vous parler mais qui se pointe bien à la fête et squatte un moment comme le bon trouble fête qu'il est.

Le mommybrain, c'est une adaptation du cerveau à la future communication non-verbale avec bébé, à l'empathie puissance 12, à la sensibilité maximale et aux émotions décuplées.

Conséquences, perte du vocabulaire, idées confuses, perte de la mémoire immédiate, difficultés d'expression et de communication, absences passagères, troubles de la concentration.

La faute aux hormones de la grossesse comme le cortisol, l'hormone du stress, dont le taux élevé pendant la période périnatale peut avoir des conséquences sur la concentration et le fonctionnement neuronal.

Des scientifiques australiens ont démontré grâce aux neurosciences, l'impact de la grossesse sur le travail du cerveau et les zones touchées (provisoirement) par ce mommybrain.

Ces manifestations débutent pendant la grossesse et peuvent perdurer pendant quelques années après la naissance (autour de 2 ans environ).

Ces découvertes scientifiques avec preuves à l'appui lèvent le voile sur un mal-être qui touche de nombreuses femmes et impacte de nombreuses familles. En effet, une des raisons pour lesquelles ce mommybrain est si tabou, c'est la honte qu'éprouve les femmes à se sentir diminuées, en perte de leurs moyens, faibles. Elles n'osent pas ou n'éprouvent pas l'envie d'en parler à d'autres femmes, elles se renferment sur elles-même et comme cela finit par passer (ouf!), elles aussi passent à autre chose. La nature est bien faite, on oublie vite ce genre de phénomène. Mais pour celles qui vont en passer par-là, cette période peut être terrible et influencer les premiers mois voir années avec notre bébé. Les jeunes mères se sentent souvent dépassées et incompétente face à leur nouveau-né et cette phase de mommybrain vient les « conforter » dans ce sentiment d'insécurité.


L'entourage est absolument ignorant de ce phénomène et peut se montrer dur avec la nouvelle maman si elle ne « récupère » pas assez vite. Que ce soit au travail pour celles qui reprennent rapidement ou à la maison avec un co-parent ou d'autres enfants surpris par le comportement de leur femme ou mère, les réflexions et commentaires de l’entourage peuvent faire penser à la jeune maman qu'elle est stupide, molle, diminuée. Alors qu'elle-même sent bien qu'elle n'est pas « toute là », son entourage lui fait remarquer également ses absences et elle peut y croire facilement.


Après avoir entendu de nombreux témoignages et pour avoir vécu cela personnellement, je suis convaincue qu'une bonne partie des postpartum compliqués, voir des DPP, ont pour cause cette méconnaissance du mommybrain et cette impression que l'on ne sera plus jamais la même. Comme si la fatigue et la chute hormonal ne suffisait pas !

Bilan :

- Prévenir donc, pour que l'entourage et la personne concernée ne soient pas trop surpris.

- Savoir que cela est passager et que la jeune maman retrouvera bientôt tous ses esprits.

- Comprendre que le cerveau humain s'adapte en permanence et que cette adaptation va permettre de communiquer avec son bébé, in utéro et durant les premiers mois de vie, hors communication verbale.

- Profiter de ces mois de reconnexion à ses émotions et aux émotions de son tout-petit.

- Transmettre aux autres femmes pour sortir de la honte et de la solitude.


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