• Laure

SPORT ET AUTRES ACTIVITÉS INTELLECTUELLES

L’homme préhistorique était un grand sportif. En effet, la chasse, la cueillette et la vie en milieu sauvage impliquaient une condition physique de champion et le corps humain répondait à ces besoins, sa masse musculaire était plus importante qu’aujourd’hui et plus harmonieuse (pas de biceps/pecs/6packs 3fois par semaine quoi…).


Dès leur plus jeune âge, les enfants sont des sportifs accomplis. Les muscles du bébé lui permettent de passer en une grosse année, de la position allongée (recroquevillée même au début) à la position assise, puis debout, puis vient la marche. Quel exploit sportif ! L’énergie déployée par l’enfant pour accomplir cet exploit est sans limite et il ne semble pas avoir peur de se fatiguer ou de se faire mal.

Avez-vous remarqué que les enfants courent souvent au lieu de marcher ? Pour leurs déplacements les plus simples, ils courent, heureux de dépenser cette énergie disponible. Jusqu’à l’âge de 6 ans environ, les enfants ont besoin d’expérimenter corporellement le monde. Alors ils touchent, grimpent, glissent, escaladent, goutent, à la découverte de toutes les sensations liées au corps.

Cette phase d’expérimentation leur permettra plus tard, vers 12-15 ans, de bien comprendre « cérébralement » certaines lois physiques. Par exemple, un jeune enfant passe beaucoup de temps à faire tomber des objets au sol, il observe la chute plus ou moins rapide selon le poids de la chose (ou de l’aliment arf!). Plus grand, il grimpe, teste son équilibre, saute. Les lois physiques sont par définition : « Les sciences physiques sont définies comme « celles qui étudient les caractères naturels des corps, les forces qui agissent sur eux et les phénomènes qui en résultent. » Il semble donc naturel de laisser le jeune enfant tester la physique avant de la lui enseigner de manière plus formelle.


La sédentarisation et l’accès aux écrans nous corsent la tâche pour nous « mettre au sport ». En effet, les molécules de plaisir et de récompense distribuées par notre cerveau au cours mais surtout à la fin d’une séance de sport sont concurrencées par la satisfaction immédiate

et le plaisir éprouvé lorsque nous sommes devant un écran. La facilité et la passivité sont assez vite récompensés par une sensation de bien être alors que l’activité physique requiert une réelle sécrétion de dopamine par le cerveau et donc « l’attente » de cette hormone qui n’est activée que par l’effort physique et demande un peu plus de temps. Pourtant, le bien être ressenti après une séance de sport ou une partie de foot avec les enfants, un ballon prisonnier, un « chat » est réel, au sens où il est biologiquement délivré par le cerveau et biologiquement distribué dans tout notre corps.


De même, une alimentation saine demande un effort de réflexion, de préparation, de cuisson, de mastication, de digestion pour un résultat parfait pour l’organisme. C’est le carburant dont le corps a besoin pour fonctionner au mieux. La satisfaction immédiate par l’ingestion de produits tous prêts, de snacks, de sucres, de gras donne l’illusion de plaisir et de bien être mais ses conséquences à moyens et longs termes pour la santé sont catastrophiques.


De tous temps nié voir dénigré, le corps comme « tentation charnelle » (dans le christianisme par exemple) a été relégué au second plan comme servant de « transporteur » à l’âme et à l’esprit. Le corps de la femme servant lui à fabriquer les enfants, tous ses autres aspects étant considérés comme honteux. Douloureux jusque très récemment (avancées médicales du XXème siècle), fatigué, sous alimenté, le corps s’usait vite et mourrait sans qu’on en mesure ses extraordinaires capacités.


La réappropriation du corps est à la mode. Le sport comme moyen d’expression et étendard pour les plus invisibles d’entre nous. Le sport comme dernière liberté, en effet, qui peut empêcher un enfant de courir après un ballon ?

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