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  • Laure

Ton corps sait faire

Accoucher c’est comme vomir. Ah bon, mais c’est charmant ça !




Vous avez déjà résisté à l’envie de vomir, vous ?

Ou pu empêcher ce réflexe ?


Alors ça ne fait peut être pas rêver dit comme ça, mais c’est fondamental dans la compréhension du mécanisme d’accouchement.





Et drôlement rassurant quand on a compris que cette mécanique ne dépend quasi pas de nous et que la Nature nous offre un panel de cadeaux pour faciliter la naissance et nous permettre de vivre ce moment en pleine puissance.


On parle de réflexe d’éjection du fœtus ou réflexe de Ferguson, qui comme le fait de vomir est un réflexe incontrôlable et involontaire.

Le corps va simplement provoquer des spasmes qui vont entraîner la sortie du bébé, sans que la mère ne puisse ni résister, ni forcer.


Il est rassurant de réaliser que la poussée est un réflexe et que nous avons juste à laisser faire notre corps.

Lorsque les conditions d’un accouchement physiologique sont réunies, intimité, lumière tamisée, calme, environnement familier (domicile, maison de naissance par exemple), possibilité de se mouvoir et de s’exprimer comme on le souhaite, préparation physique et mentale sécurisante, le réflexe d’éjection du bébé est très puissant.


C’est souvent un moment dont les femmes se souviennent, soit comme celui d’une pleine puissance de leur corps, soit malheureusement souvent, comme un choc, car elles n’y étaient pas préparées. Le côté animal de la poussée, la nécessaire force et intensité mobilisées à ce moment-là, la connexion à son corps, à son bébé, à son pouvoir de femme, peuvent procurer à posteriori, un sentiment d’accomplissement, de maîtrise et de confiance en soi qui sont pour moi, un des grands rites de passage dans la vie.

Certaines femmes accomplissent cette étape de l’accouchement dans un grand cri, d’autres en silence, mais chacune ressent en son être profond sa puissance féminine, la force de la Nature et son immense courage d’accompagner ainsi sans réserve, un être au Monde.


En revanche, le réflexe de Ferguson, tout comme l’émission de l’hormone ocytocine (dont elle est la cause), est très “timide”. C'est-à-dire que tout événement extérieur susceptible de perturber le déroulement naturel de ce réflexe, viendra l’empêcher et l’annuler.

La pause d’une péridurale, une injection d’ocytocines de synthèse, le manque d’intimité, la lumière vive, l’intrusion de personnes inconnues et bruyantes, le fait d’être entravée dans ses mouvements par une perf ou un monitoring, ou encore des auscultations ou touchers invasifs répétés.

On peut aussi noter dans les raisons plus larges d’un arrêt de la production d’ocytocines et donc des réflexes auxquels elle est associée, les kilomètres à faire pour arriver à la maternité, le questionnement sur “est-ce le bon moment pour partir ?”, “va-t-on me renvoyer chez moi si c’est trop tôt”, les formalités administratives en arrivant, la froideur des locaux, le monde, la gêne visible de notre partenaire qui ne sait où se mettre, …


La femme étant complètement dépossédée de son moment, on assiste alors au cliché de l’accouchement en maternité, une sage femme criant “poussez poussez” à une femme qui ne sent rien, qui est démunie face à l’inconnu et ne bénéficie pas de la puissance de ce reflexe archaïque.


La poussée peut alors être plus longue et plus douloureuse, compromettant ainsi les “bénéfices”de l'anesthésie. Le taux de déchirures et d’épisiotomies est également plus élévé car la femme ne sentant pas ce qui se passe, elle peut pousser de façon aléatoire, trop fort, pas assez, en dehors des contractions, ce qui tire sur les tissus et provoque ce genre d’événements, non sans conséquences sur le postpartum. En effet, la douleur d’une cicatrice d’épisiotomie peut vraiment rendre les premiers jours après la naissance assez difficiles et ajouter un stress et une fatigue.


Après la naissance, les contractions reprennent afin d'expulser le placenta, le réflexe d’éjection étant le même. Le rôle des hormones est fondamental ici aussi et permet de terminer le travail en toute sécurité. Le respect du rythme de chacune pour délivrer le placenta, sous la surveillance discrète d’une sage femme, permet de refermer ce “vortex de la naissance”, c’est à dire, ce vide laissé par la sortie du bébé et du placenta et à la nouvelle maman de pouvoir dire au revoir à cette grossesse. Il s’agit d’un mécanisme mental très important car une fin de grossesse est un deuil, qui doit être fait.

Allaiter son bébé (autre processus archaïque) permet d’aider l’utérus à expulser le placenta et à reprendre petit à petit sa taille initiale.




Ton corps sait faire

Ce qui se passe est naturel et nécessaire

Tu es capable de gérer l’intensité

Tu peux faire confiance à ton corps

Ton bébé est ton partenaire dans cette aventure

Tu es en sécurité



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